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               <subject>Histoire des sciences / History of Sciences</subject>
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            <article-title>Alcide d’Orbigny entre Cuvier et Lamarck</article-title>
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               <trans-title>Alcide d’Orbigny between Cuvier and Lamarck.</trans-title>
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         <abstract abstract-type="author">
            <p>Dans l’histoire des sciences, Alcide d’Orbigny présente la particularité de se trouver entre les deux maîtres des sciences naturelles que furent, pour une grande partie du XIX<sup>e</sup> siècle, Cuvier et Lamarck. C’est dans ce contexte historique que se situe Alcide d’Orbigny. De Cuvier il a retenu les idées sur les catastrophes et la fixité des espèces, sans employer les mêmes éléments de preuve, puisqu’il n’était pas vertébriste. De Lamarck, il a rejeté les idées sur la continuité de la vie et la transformation des espèces, tout en exploitant le champ de recherche ouvert par le fondateur de la zoologie et de la paléontologie des Invertébrés. L’originalité d’Alcide d’Orbigny a consisté à utiliser les Invertébrés fossiles de Lamarck comme preuves des idées que Cuvier avait fondées sur les fossiles de Vertébrés.</p>
         </abstract>
         <trans-abstract abstract-type="author" xml:lang="en">
            <p>In the History of Science, Alcide d’Orbigny has the distinctive characteristic to be placed, between Cuvier and Lamarck, who were the two masters of Natural Science for most of the 19th century. It is in this historical context that Alcide d’Orbigny lived. Of Cuvier, he remembered ideas on disasters and species fixedness without using the same evidence, for he was not a vertebrist. Of Lamarck, he rejected the ideas on life continuity and species transformation while using the research field opened by the Zoology and Invertebrate Palaeontology founder. Alcide d’Orbigny’s originality was to use Lamarck’s Invertebrate fossils as evidence of the ideas that Cuvier had based on Vertebrate fossils.</p>
         </trans-abstract>
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            <unstructured-kwd-group>fixism, catastrophism, transformism, palaeontology</unstructured-kwd-group>
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            <unstructured-kwd-group>fixisme, catastrophisme, transformisme, paléontologie</unstructured-kwd-group>
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               <meta-value>Rédigé à l'invitation du Comité éditorial</meta-value>
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      <sec>
         <p>Lorsque Alcide d’Orbigny arrive à Paris en 1824, dans le but de parfaire sa formation de naturaliste et de s’intégrer au milieu scientifique de la capitale, il n’est pas un inconnu pour les professeurs du Muséum. Son père, Charles-Marie d’Orbigny (1770–1856), l’avait déjà introduit auprès d’eux, et en particulier auprès de Cuvier. Après des études de médecine, et une pratique de quelques années, Charles-Marie d’Orbigny s’était en effet consacré entièrement à des recherches sur la faune marine de la côte atlantique. Son installation à Couéron, en Loire-Atlantique, puis à La Rochelle, en Charente-Maritime, lui rendait facile cette prospection. Il s’était fait ainsi connaître du Muséum, et avait obtenu le titre de correspondant de cet établissement. La réputation qu’il avait acquise lui avait fait obtenir pour ses recherches, dès 1821, une gratification annuelle de 1200 francs, qui formait, selon lui, « tout (son) revenu ».</p>
         <p>Les recherches de Charles-Marie d’Orbigny portaient déjà sur les « Céphalopodes microscopiques » <xref rid="BIB7" ref-type="bibr">〚7〛</xref>, les futurs « Foraminifères », qui pouvaient être de nature à attirer l’attention de Cuvier, qui avait publié plusieurs études sur les Céphalopodes et, en 1817, un ouvrage qui leur était consacré. Les envois que faisait Charles-Marie d’Orbigny contenaient aussi des Poissons, auxquels Cuvier s’intéressa plus particulièrement, comme les documents des archives du Muséum ou de l’Académie des sciences en apportent le témoignage. C’est à cette occasion que le père d’Alcide entra en relation avec Cuvier. Dans ses lettres, le père avait à cœur de signaler la part importante que prenait son fils dans tous ses travaux, et en particulier dans la confection des planches : « La plupart sont faites par mon fils aîné, jeune homme de dix-neuf ans qui comme moi a le malheur d’être atteint d’un grand amour pour l’étude, passion née avec lui et qui ne fait que s’accroître à mesure que ses facultés se développent et que la raison vient les régulariser... ». Il fait même une allusion directe à la spécialité de Cuvier : « L’anatomie comparée commence à lui être assez familière, et je crois qu’avec un peu d’encouragement il deviendrait un sujet précieux pour votre établissement » <xref rid="BIB7" ref-type="bibr">〚7〛</xref>.</p>
         <p>En arrivant à Paris en 1824, Alcide d’Orbigny n’avait donc pas à se présenter, d’autant moins qu’il avait déjà publié en 1823 et 1824 quelques extraits de ses travaux dans différentes Revues scientifiques, et en particulier sur les Foraminifères dans le <italic>Bulletin des Sciences naturelles et de Géologie</italic>
            <xref rid="BIB7" ref-type="bibr">〚7〛</xref>. Il est accueilli avec bienveillance, comme il aime à le rappeler, par « MM. Brongniart, Cuvier, Geoffroy St-Hilaire, de Férussac », pour ne nommer que quelques-uns, qui l’aident de leurs conseils et mettent leurs collections à sa disposition <xref rid="BIB53" ref-type="bibr">〚53〛</xref>, ce qui n’est pas désagréable pour un jeune homme de 22 ans. Il va fréquenter les institutions d’enseignement et de recherche, et suivre en particulier les cours de Cuvier.</p>
         <p>Il n’est pas nécessaire de faire remarquer que Lamarck ne se trouvait pas parmi les correspondants de d’Orbigny père, et qu’il ne se trouve pas parmi ceux qui accueillirent le fils : il y avait déjà plusieurs années (depuis1818) qu’il était aveugle, et qu’il s’était retiré de la vie publique à cause de son infirmité. Alcide d’Orbigny connaissait bien cependant ses travaux. Ils étaient, en effet, à la base de toutes les recherches que l’on pouvait faire sur les Invertébrés, comme il le signalait lui-même, en affirmant que, dans ce domaine, Lamarck était « le plus répandu », suivi par « tous les auteurs » <xref rid="BIB59" ref-type="bibr">〚59〛</xref>. Il avait déjà recommandé (même si c’était en passant et parmi d’autres), les travaux de Lamarck « sur les fossiles tertiaires du bassin de Paris », pour « leur importance incontestable » <xref rid="BIB53" ref-type="bibr">〚53〛</xref>.</p>
         <p>Lamarck avait, en effet, ouvert un champ immense de recherche, en fondant la zoologie et la paléontologie des Invertébrés. Les Invertébrés étaient restés jusqu’à lui, comme le disait Cuvier lui-même, à l’état de « chaos ». Lamarck est le premier à avoir mis de l’ordre dans ce sous-règne, en proposant dès 1797 l’appellation d’« Invertébrés » pour les distinguer des « Vertébrés » <xref rid="BIB39" ref-type="bibr">〚39〛</xref>. Aussi, de très nombreux naturalistes s’étaient engagés dans leur étude. Lamarck avait dès le début lié la connaissance des fossiles à celle des êtres actuels, en soulignant la valeur heuristique des espèces « analogues » : « Il est très essentiel de rechercher et de déterminer les analogues vivans ou marins du grand nombre de coquilles fossiles qu’on trouve enfouies au milieu même de nos vastes continens, 〚...〛 n’oubliant pas d’y indiquer, avec le lieu de leur habitation, les coquillages vivans ou marins qui sont véritablement analogues à certaines de nos coquilles fossiles » <xref rid="BIB40" ref-type="bibr">〚40〛</xref>.</p>
         <p>Pour la clarté de ses comparaisons et de ses conclusions, Lamarck avait tenu à préciser le sens des termes qu’il employait : « Je donne le nom de fossile aux dépouilles des corps vivans, altérées par leur long séjour dans la terre ou sous les eaux, mais dont la forme et l’organisation sont encore reconnoissables » <xref rid="BIB41" ref-type="bibr">〚41〛</xref>.</p>
         <p>Comme le fait remarquer le géologue Archibald Geikie : « <italic>Lamarck now for the first time definitively restricts it to the still recognisable remains of organised bodies</italic> » <xref rid="BIB32" ref-type="bibr">〚32〛</xref>.</p>
         <p>L’utilisation qu’il fait des espèces « analogues » est illustrée abondamment dans ses études sur « les fossiles des environs de Paris » : « J’ai plusieurs fois soupçonné, avertit-il par exemple, que cette coquille fossile (le <italic>voluta musicalis</italic>) étoit l’analogue du <italic>voluta musica</italic> de Linné, un peu changé par la suite du temps ; elle lui ressemble en effet à beaucoup d’égards » <xref rid="BIB43" ref-type="bibr">〚43〛</xref> ; ou encore, à propos de l’<italic>arca barbatula</italic> : « Cette arche fossile, fort commune à Grignon, semble être le type de l’<italic>arca barbata</italic> de Linné, que le temps et les circonstances d’habitation auroient un peu changé » <xref rid="BIB44" ref-type="bibr">〚44〛</xref>.</p>
         <p>Ce sont les nombreux rapprochements de ce genre qu’il fait entre des coquilles « analogues » qui lui fournissent aussi les « pièces justificatives », comme il les appelle, de ses théories. Tout d’abord de son anti-catastrophisme : « Un bouleversement universel, qui nécessairement ne régularise rien, confond et disperse tout, est un moyen fort commode pour ceux des Naturalistes qui veulent tout expliquer, et qui ne prennent point la peine d’observer et d’étudier la marche que suit la nature à l’égard de ses productions et de tout ce qui constitue son domaine... » <xref rid="BIB41" ref-type="bibr">〚41〛</xref>. Ces rapprochements lui permettent aussi de soutenir que les espèces qu’il étudie se sont transformées dans la suite des temps : « Après une longue suite de siècles, non seulement il aura pu se former de nouvelles espèces, de nouveaux genres et même de nouveaux ordres » <xref rid="BIB41" ref-type="bibr">〚41〛</xref>. Lamarck soutient même déjà que l’homme aussi est le résultat de cette transformation des espèces animales : l’« état particulier de l’organisation de l’homme a été acquis peu à peu à la suite de beaucoup de temps, à l’aide des circonstances qui s’y sont trouvées favorables. Quel sujet de méditation pour ceux qui ont le courage de s’y enfoncer ! » <xref rid="BIB42" ref-type="bibr">〚42〛</xref>.</p>
         <p>C’est à partir des milliers d’espèces d’Invertébrés actuels et fossiles qu’il a classés que Lamarck introduit la révolution scientifique fondamentale dont il est l’auteur : « La nature, en produisant successivement toutes les espèces d’animaux, et commençant par les plus imparfaits ou les plus simples, pour terminer son ouvrage par les plus parfaits, a compliqué graduellement leur organisation ; et ces animaux se répandant généralement dans toutes les régions habitables du globe, chaque espèce a reçu de l’influence des circonstances dans lesquelles elle s’est rencontrée, les habitudes que nous lui connoissons et les modifications dans ses parties que l’observation nous montre en elle » <xref rid="BIB45" ref-type="bibr">〚45〛</xref>.</p>
         <p>Alcide d’Orbigny connaissait évidemment tous ces textes de Lamarck, mais, arrivant à Paris en 1824, il avait déjà fait son choix, comme nous le savons : il préférait les idées de Cuvier, dont il devint le disciple. Nous n’avons pas de traces de ce que Cuvier enseignait à ses étudiants à ce moment, mais l’on peut penser qu’il n’avait pas dû changer totalement le discours qu’il enseignait dans les années précédentes.</p>
         <p>Considérant les quadrupèdes fossiles, nous raconte d’Omalius d’Halloy, qui avait lui aussi suivi ses cours quelques années auparavant, Cuvier affirme qu’ils « ont tous été anéantis et sont circonscrits à une même formation, tandis qu’on en trouve en dessus et en dessous de ces terreins les mêmes coquilles. Toutes ces variations prouvent qu’il y a eu successivement des productions et des destructions de corps organisés » <xref rid="BIB38" ref-type="bibr">〚38〛</xref>. À propos des mammouths, il précise à nouveau : « on pourrait objecter que les espèces ont éprouvé des changemens », mais c’est « une hypothèse en faveur de laquelle il n’y a aucune preuve » <xref rid="BIB38" ref-type="bibr">〚38〛</xref>.</p>
         <p>Exposant la disparition des éléphants, des rhinocéros, des ours et autres animaux fossiles, dont « aucun n’a d’analogue vivant », il conclut son étude en affirmant que « tous ces faits, analogues entre eux, et auxquels on n’en peut opposer aucun de constaté, me paroissent prouver l’existence d’un monde antérieur au nôtre, détruit par une catastrophe quelconque ». Il faisait remarquer que ces nouvelles découvertes le mettaient, cependant, devant de nouvelles difficultés : « Mais quelle étoit cette terre primitive ? Quelle étoit cette nature qui n’étoit pas soumise à l’empire de l’homme ? Et quelle révolution a pu l’anéantir au point de n’en laisser pour trace que des ossemens à demi-décomposés ? » <xref rid="BIB18" ref-type="bibr">〚18〛</xref>.</p>
         <p>Ainsi Cuvier, dès les premiers pas de sa carrière scientifique, avait résolu de prendre comme base de ses recherches paléontologiques le postulat du catastrophisme absolu. Toute sa « philosophie » s’unifie autour de cette double affirmation fondamentale de destruction totale de la Vie et de catastrophe universelle de la Terre.</p>
         <p>Il entend d’ailleurs ne pas se laisser entraîner dans des problèmes d’origine. Après s’être demandé : « comment ces êtres antiques furent-ils détruits ? », et « comment ceux qui leur ont succédé furent-ils formés ? », il se contente de répondre par une autre question, qu’il préfère visiblement laisser sans réponse : « La métaphysique même n’est-elle pas plus embarrassée encore par ces faits que la simple physique ; et cette nouvelle production d’êtres organisés n’est-elle pas peut-être plus inconcevable que toutes les autres parties du phénomène ? ». On peut remarquer de nouveau l’expression « nouvelle production », dont on ne peut facilement penser autre chose que « création » après une destruction totale <xref rid="BIB19" ref-type="bibr">〚19〛</xref>.</p>
         <p>La raison principale du rejet de la continuité chez Cuvier est bien, par conséquent, le catastrophisme – et son nom est resté à juste titre attaché à cette théorie. Si deux espèces semblables, appartenant à deux époques successives, ne peuvent être réunies génétiquement, c’est qu’il existe une impossibilité radicale de descendance directe, due à une coupure absolue entre les deux périodes envisagées, à une « catastrophe » anéantissant toute vie sur la surface du globe : « le fil des opérations est rompu ; la marche de la nature est changée » <xref rid="BIB22" ref-type="bibr">〚22〛</xref>.</p>
         <p>ll n’y a pas de doute, en effet, que Cuvier ait soutenu un catastrophisme généralisé. Il a envisagé de nombreuses catastrophes universelles où, si leur « irruption 〚des mers〛 a été générale, elle a pu faire périr la classe entière » des quadrupèdes <xref rid="BIB22" ref-type="bibr">〚22〛</xref>.</p>
         <p>Cuvier croit qu’il y a eu des catastrophes universelles et des catastrophes partielles. L’une n’empêche pas l’autre. Dans le premier cas, tout a disparu ; dans le second, il y a eu, bien entendu, des rescapés. Toutes les catastrophes n’ont pas été universelles, mais toutes n’ont pas été non plus partielles. Cuvier envisage les deux cas, qui, assure-t-il, sont intéressants « par la variété des produits des révolutions partielles ou générales de cette époque (des terrains secondaires), et par l’abondance des espèces diverses qui figurent alternativement sur la scène » <xref rid="BIB22" ref-type="bibr">〚22〛</xref>.</p>
         <p>Les textes de Cuvier (il y en a d’autres, et même jusqu’à la fin de sa vie) montrent donc bien qu’il croyait qu’il y avait eu des catastrophes universelles (mais pas toutes nécessairement).</p>
         <p>« Les os fossiles de l’Allemagne, de l’Angleterre et de l’Italie, que je connais, sont tous ou plus anciens ou plus nouveaux que ceux dont nous venons de parler, et appartiennent ou à ces antiques races de reptiles des terrains jurassiques et des schistes cuivreux, ou aux dépôts de la dernière inondation universelle, aux terrains diluviaux. » Il y en a donc au moins une, et même plus d’une, puisque c’est « la dernière » <xref rid="BIB22" ref-type="bibr">〚22〛</xref>.</p>
         <p>Cuvier, qui était encore vivant, et qui savait si bien se défendre, aurait pu s’écrier qu’il n’avait jamais soutenu la possibilité de ces catastrophes universelles. Et je crois que l’on peut faire davantage confiance aux contemporains de Cuvier pour le comprendre qu’à ceux qui essaient de l’interpréter aujourd’hui. D’ailleurs, cette nouvelle interprétation est récente : elle date de quelques dizaines d’années, et elle est surtout le fait des néodarwiniens.</p>
         <p>Alcide d’Orbigny connaissait aussi, bien sûr, les textes parfaitement clairs sur ce sujet de celui qu’il avait choisi comme maître.</p>
         <p>En publiant en 1826 son <italic>Tableau méthodique de la classe des Céphalopodes, présenté à l’Académie des sciences. Création de l’ordre des Foraminifères, qui fournissent des fossiles microscopiques très importants en géologie pour l’établissement de la paléontologie stratigraphique</italic>, il avait cependant souligné l’importance de l’existence de fossiles « analogues » dans cette classe d’Invertébrés, ce qui était plutôt lamarckien, comme nous l’avons vu. Plusieurs espèces de Foraminifères, assurait-il, « présentent des analogues vivans dans des pays très-éloignés ; d’autres, celles de la mer Adriatique, ont des analogues fossiles absolument semblables dans les environs de Sienne, ce qui est assez remarquable » <xref rid="BIB49" ref-type="bibr">〚49〛</xref>.</p>
         <p>Mais il allait faire prendre un tout autre sens à l’interprétation de ses travaux paléontologiques. Alcide d’Orbigny a formulé nettement son projet : « Il est réservé à la paléontologie de fixer définitivement l’histoire des révolutions qui, parmi les êtres, se sont opérées, sur le globe, depuis le commencement de l’animalisation jusqu’à notre époque. » C’est dans cette étude qu’il pourra expliquer « les conditions d’existence des espèces perdues, et leurs modifications successives à la surface du globe » <xref rid="BIB53" ref-type="bibr">〚53〛</xref>. Où l’on voit qu’il faut être attentif à l’ambiguïté de vocabulaire. Le terme de « modification » employé ici par Alcide d’Orbigny ne signifie en aucune façon une modification transformiste, mais la simple constatation d’un changement de forme. Du reste, la conclusion de son travail le prouve bien : les terrains jurassiques montrent partout les mêmes divisions d’étages, ce qui donne « la certitude que toutes les causes de séparation des étages ont été générales ». Par conséquent, ces divisions « n’ont rien d’arbitraire, et sont, au contraire, l’expression des divisions que la nature a tracées à grands traits sur le globe entier » <xref rid="BIB53" ref-type="bibr">〚53〛</xref>.</p>
         <p>Du reste, la parenté de ses expressions avec celles de Cuvier est frappante : entre le Primaire et le Secondaire, assure-t-il, « une première génération de Crinoïdes aurait entièrement disparu, pour être remplacée, plus tard, par une autre, tout à fait différente » <xref rid="BIB50" ref-type="bibr">〚50〛</xref>.</p>
         <p>De même, « les Ammonites des terrains crétacés sont 〚...〛 nées à cinq époques successives. 〚...〛 Ce résultat des plus importans, auquel je suis arrivé après avoir comparé des milliers d’Ammonites de toutes les parties de la France, et avoir vérifié la superposition des couches 〚...〛 ne laisse aucun doute sur leur application, quand elle sera faite avec critique et avec la connaissance parfaite des espèces » <xref rid="BIB51" ref-type="bibr">〚51〛</xref>.</p>
         <p>En effet, après l’« exposé fidèle des faits que j’ai pu observer sur les Ammonites, je crois qu’on peut tirer les conclusions suivantes, qui sont d’un haut intérêt dans l’ordre de succession des êtres à la surface du globe, et dans l’application de leurs formes à la reconnaissance des terrains : (1°) il existe des limites tranchées entre les faunes propres à chaque formation ou terrain » <xref rid="BIB51" ref-type="bibr">〚51〛</xref>.</p>
         <p>Même constatation pour les Gastéropodes du Crétacé que pour les Céphalopodes : « Les Gastéropodes des terrains crétacés seraient dès lors nés à cinq époques distinctes. Après chaque anéantissement complet des espèces qui existaient, il s’en présente une nouvelle série, bien distincte de la première ». Les Gastéropodes du Crétacé étant tout à fait différents de ceux du Jurassique, « il y a donc eu évidemment, entre la fin de la période jurassique et le commencement des terrains crétacés, une grande commotion terrestre qui a détruit la faune existante, et ensuite une création tout à fait nouvelle ». À l’intérieur de cette même période du Crétacé, les différents étages sont, eux aussi, bien distincts : « Dans tous les cas, les espèces de Gastéropodes sont distinctes par terrain, et suivant les étages de ces terrains. 〚...〛 Aucune transition ne se montrant dans les formes spécifiques, les êtres paraissent se succéder à la surface du globe, non par passage, mais par extinction des races existantes et par le renouvellement des espèces, à chaque époque géologique ». Dans le cas des Gastéropodes, d’Orbigny croit pouvoir constater une marche vers le progrès : « Les Gastéropodes, pris dans leur ensemble, ont 〚...〛 marché du simple au composé 〚...〛 comme si la nature se perfectionnait, de plus en plus, en approchant de nous » <xref rid="BIB54" ref-type="bibr">〚54〛</xref>.</p>
         <p>Alcide d’Orbigny avait abordé les vastes espaces de l’Amérique du Sud avec déjà en tête son schéma créationniste et catastrophiste. En 1843, il présente les résultats de son voyage comme une confirmation de ce système : « J’ai déjà fait entrevoir, aux considérations géologiques de mon voyage, la succession des êtres qui se sont remplacés aux diverses époques de la dislocation des couches terrestres ». Ainsi, par exemple, au cours de l’ère primaire, « des causes provenues sans doute de nouvelles dislocations de la croûte terrestre anéantissent tous les êtres de la faune silurienne. 〚...〛 Une faune distincte naît au sein des mers dévoniennes. 〚...〛 Mais cette animalisation s’éteint à son tour, et la faune dévonienne s’efface de la surface du globe. 〚...〛 Au terrain dévonien succède, en Amérique comme en Europe, la grande série des couches carbonifères. 〚...〛 Après une longue durée de cette riche faune et de cette flore plus riche encore des terrains carbonifères, 〚...〛 la nature une autre fois détruit son œuvre ». Et ainsi de suite tout au long de l’histoire géologique. Plus près de nous, à la fin du Tertiaire, « une nouvelle catastrophe a lieu ; 〚...〛 non seulement alors la faune marine paraît avoir été anéantie ; mais encore l’impulsion donnée aux eaux de la mer envahit les continents, y entraîne tous les animaux en les déposant avec les particules terreuses à toutes les hauteurs dans les bassins terrestres. 〚...〛 Après cette catastrophe, le globe est peut-être resté inanimé longtemps avant que la puissance créatrice le couvrît de nouveau des végétaux et des animaux qui le peuplent aujourd’hui, en complétant son œuvre par l’être le plus parfait, l’homme ». D’Orbigny peut réaffirmer sa conception de l’histoire de la terre et de la vie : « De la comparaison des faits paléontologiques observés au Nouveau Monde et sur le sol européen, on peut déduire des conclusions d’une immense importance pour la solution des hautes questions générales de la géologie et de l’histoire chronologique de l’animalisation à la surface du globe ». En particulier, « aucune transition ne se montrant dans les formes spécifiques, les êtres paraissent se succéder à la surface du globe, non par passage, mais par extinction des races existantes, et par le renouvellement des espèces à chaque époque géologique ». Les extinctions sont faciles à expliquer : « L’anéantissement partiel ou total des faunes propres à chaque étage ou à chaque formation provient toujours de la valeur des dislocations apportées à la surface du globe par le retrait des matières, dû au refroidissement des parties centrales et aux perturbations que ces mêmes dislocations ont produites ». Un soulèvement de montagne, « comme celui des Andes 〚...〛 aura déterminé un tel mouvement dans les eaux, par suite du déplacement des matières, que l’effet en aura dû être universel, tant sur les continents qu’au sein des mers. Les premiers ont été ravagés par l’enlèvement des êtres terrestres, les seconds par le transport des molécules terreuses, qui ont étouffé, non seulement les animaux libres des océans en remplissant leurs branchies, mais encore les animaux côtiers et sédentaires, par le dépôt dont elles les ont recouverts. Ainsi s’expliquent à la fois la séparation des êtres par étages, et leur extinction à chaque grande formation géologique » <xref rid="BIB55" ref-type="bibr">〚55〛</xref>.</p>
         <p>À propos des Lamellibranches, Alcide d’Orbigny souligne la coupure très nette qui sépare le Jurassique du Crétacé : entre le dernier étage jurassique et le premier étage crétacé, « on ne saurait douter 〚...〛 qu’il n’y ait eu une révolution géologique à laquelle on doit attribuer l’anéantissement de la faune précédente. Une nouvelle création serait venue repeupler les mers d’êtres tout à fait différens des premiers » <xref rid="BIB56" ref-type="bibr">〚56〛</xref>.</p>
         <p>Comme nous venons de le lire, Alcide d’Orbigny n’hésite pas à faire appel à des « créations », à la différence de Cuvier, qui évitait le mot, tout en évoquant une « production » d’êtres nouveaux après la destruction complète de ceux qui existaient auparavant. Catastrophes, destructions, renouvellements : voilà l’enchaînement des faits. Fixisme et créationnisme : voilà les conséquences. Comme il le répète : « Les animaux ne montrant, dans leurs formes spécifiques, aucune transition, se sont succédé à la surface du globe, non par passage, mais par extinction des races existantes et par la création successive des espèces à chaque époque géologique » <xref rid="BIB57" ref-type="bibr">〚57〛</xref>.</p>
         <p>Les Brachiopodes, par exemple, assure d’Orbigny, « ont été créés principalement à deux époques distinctes : dans les terrains paléozoïques et crétacés » <xref rid="BIB60" ref-type="bibr">〚60〛</xref>. Plus loin, il réaffirme encore que l’apparition « des Mammifères et des Mollusques terrestres 〚...〛 dépend de la même puissance créatrice qui, avant cette époque, sans qu’aucune autre cause physique puisse être invoquée, avait déjà tant de fois repeuplé les mers et les continents de ses nombreux animaux » <xref rid="BIB60" ref-type="bibr">〚60〛</xref>. Dans l’environnement intellectuel où il proclamait sa vision des événements du passé, on ne pouvait évidemment douter de la nature de ses convictions.</p>
      </sec>
      <sec>
         <title>Le refus du transformisme de Lamarck</title>
         <p>Aussi Alcide d’Orbigny prend-il le contre-pied des paléontologistes transformistes (qui sont déjà nombreux de son temps) : des espèces semblables, mais non contemporaines, ne peuvent être considérées comme étant une seule et même espèce. Il faut en faire des espèces différentes, pour cette seule raison qu’elles appartiennent à des terrains d’âges différents : « Si nous trouvions dans la nature des formes qui, après l’analyse la plus scrupuleuse, ne nous offriraient encore aucune différence appréciable, quoiqu’elles fussent séparées par un intervalle de quelques étages (ce qui n’existe pas encore), nous ne balancerions pas un instant à les regarder néanmoins comme distinctes ». La raison de la distinction est simple pour un créationniste : « Pourquoi veut-on, seulement par un esprit de système, donner des entraves à la puissance créatrice ? Pourquoi veut-on empêcher la nature de reproduire, à diverses reprises, dans les âges du monde, des formes analogues, si elles ne sont pas identiques, surtout lorsque l’espace et le temps les séparent ! » <xref rid="BIB58" ref-type="bibr">〚58〛</xref>.</p>
         <p>On sait que Cuvier était nettement opposé à la théorie transformiste de Lamarck, ce qui se conçoit fort bien, étant donné ses convictions catastrophistes et fixistes. « En un mot, nous voyons ici, écrivait-il à propos des Céphalopodes, quoi qu’en aient dit Bonnet et ses sectateurs, la nature passer d’un plan à un autre, faire un saut, laisser entre ses productions un hiatus manifeste ; les céphalopodes ne sont sur le passage de rien ; ils ne sont pas résultés du développement d’autres animaux, et leur propre développement n’a rien produit de supérieur à eux ; considérations qui leur donnent en histoire naturelle une importance capitale, attendu qu’elles renversent un grand nombre de vains systèmes. C’est ce qui nous a engagé depuis longtemps à donner à leur étude une attention particulière » <xref rid="BIB20" ref-type="bibr">〚20〛</xref>.</p>
         <p>« Parmi les divers systèmes sur l’origine des êtres organisés, affirmait-il encore, il n’en est pas de moins vraisemblable que celui qui en fait naître successivement les différens genres par des développemens ou des métamorphoses graduelles » <xref rid="BIB21" ref-type="bibr">〚21〛</xref>. Dans un de ses derniers écrits, il proclame que cette idée est « peut-être la plus superficielle et la plus vaine de toutes celles que nous avons déjà eu à réfuter » <xref rid="BIB24" ref-type="bibr">〚24〛</xref>.</p>
         <p>Alcide d’Orbigny était aussi net et aussi clair que Cuvier dans son rejet des idées de Lamarck, pour les mêmes raisons d’adhésion au fixisme et au catastrophisme : « Les Rudistes ont paru cinq fois à la surface du globe dans le système crétacé, chaque fois sous des formes entièrement différentes, sans qu’il y ait de passage zoologique dans les espèces, ni de transport des individus d’une zone géologique dans l’autre. Ainsi, les faunes respectives des cinq zones de Rudistes, soit dans des étages différents, soit dans les couches d’un même étage, ont été successivement anéanties et remplacées par d’autres tout à fait distinctes, ce qui n’annoncerait, dans cette série d’êtres, aucun passage, ni dans les formes, ni dans les couches qui les renferment » <xref rid="BIB52" ref-type="bibr">〚52〛</xref>.</p>
         <p>Alcide d’Orbigny affirme d’ailleurs expressément son lien à Cuvier, qu’il nomme, et son rejet des idées de Lamarck, qu’il ne nomme pas, mais dont tout le monde connaissait les idées : « Cuvier, le premier, écrira-t-il en 1853 dans une lettre au ministre de l’Instruction publique et des Cultes, a démontré, dans ses savantes leçons sur les animaux vertébrés, que les ossements enfouis dans les couches terrestres dépendaient de faunes perdues, qui avaient successivement peuplé la surface de notre planette (sic), avant la création de l’homme sur la Terre. 〚...〛 L’une des grandes questions résolues, ajoute-t-il, par les recherches paléontologiques, se rattache à des croyances philosophiques erronées. Quelques auteurs ont pensé que les êtres, d’abord très simples dans leurs organes, se sont perfectionnés successivement, dans les âges du monde, par des causes purement physiques, jusqu’à l’apparition de l’homme. Tous les faits, sans exception, sont venus détruire cette hypothèse, et prouver, au contraire, que les êtres renfermés dans les couches terrestres, n’offrent aucune trace de passage, ni de transformation de l’un à l’autre, mais bien des créations successives, tranchées par époques géologiques » <xref rid="BIB61" ref-type="bibr">〚61〛</xref>.</p>
         <p>Ces jugements sans appel expliquent la condamnation sévère qu’Alcide d’Orbigny a pu porter à l’encontre du grand paléontologiste allemand Henrich Georg Bronn (1800–1862), qui refusait le catastrophisme universel prôné par Cuvier et son disciple Alcide d’Orbigny : « Par suite de systèmes préconçus, M. Bronn a toujours fait passer la ressemblance des formes spécifiques fossiles, avant l’âge positif où elles ont été recueillies ; de là, de sa part, des anachronismes multipliés à l’infini, et une marche constamment rétrograde » <xref rid="BIB59" ref-type="bibr">〚59〛</xref>. Nous aurons à y revenir.</p>
      </sec>
      <sec>
         <title>Problème pour l’historien des sciences</title>
         <sec>
            <p>Cuvier étant considéré comme le maître des sciences naturelles en France pendant une grande partie du XIX<sup>e</sup> siècle, et Alcide d’Orbigny apparaissant et se voulant comme un de ses disciples les plus fidèles, le problème de son isolement se pose à un historien des sciences. L’insuccès de ses démarches réitérées de candidature à l’Académie des sciences a été considéré – à juste titre – comme un scandale. Mais il y a d’autres faits qui posent problème, en particulier le fait que son principal collaborateur – et beau-frère ! – Albert Gaudry (1827–1908), a été le chef de file des transformistes !</p>
         </sec>
         <sec>
            <p>Pour un historien, la seule démarche rationnelle pour résoudre ce problème consiste à consulter les textes historiques, ce qui est une démarche très facile dans le cadre de ce colloque : il suffit d’aller frapper à la porte d’à côté, celle de la bibliothèque centrale du Muséum...</p>
         </sec>
         <sec>
            <p>Les documents de l’époque nous révèlent qu’il y a des événements importants qui se sont passés pendant les huit ans d’absence d’Alcide d’Orbigny, qui recevait peu de nouvelles de ce qui se passait en France : tout d’abord l’évolution des esprits, et ensuite la création de la Société géologique de France, en 1830.</p>
         </sec>
         <sec>
            <p>Il ne fait pas de doute que Cuvier ait toujours des disciples catastrophistes. Ainsi, par exemple, Adolphe Brongniart. Dans un rapport verbal à l’Académie royale des sciences, sur l’<italic>Histoire des végétaux fossiles</italic>, publiée par Adolphe Brongniart, Beudant fait remarquer que l’auteur soutient l’existence de périodes séparées entre elles par des « catastrophes brusques qui ont détruit tout ce qui existait » <xref rid="BIB8" ref-type="bibr">〚8〛</xref>.</p>
         </sec>
         <sec>
            <p>Quelques années plus tard, Adolphe Brongniart montre que ses convictions n’ont pas changé : « Comment se sont opérés ces changements successifs ? Est-ce par une destruction simultanée et complète de tous les êtres qui vivaient sur la Terre à une époque déterminée, et par leur remplacement par un ensemble d’êtres tous différents ? Ou bien une partie seulement des espèces qui formaient alors la population du globe a-t-elle été détruite à un moment donné, une autre partie ayant au contraire continué à vivre mêlée à une population nouvelle ? En un mot, le renouvellement des êtres vivants a-t-il été complet et simultané, ou partiel et successif ? »</p>
         </sec>
         <sec>
            <p>« Cette question en amène une autre souvent débattue et qui se rattache aux théories les plus élevées de la philosophie de la nature : les êtres de formes différentes qui apparaissent successivement sur le globe sont-ils le résultat d’une création nouvelle ou les descendants modifiés et transformés des anciennes espèces qui ont disparu ? »</p>
         </sec>
         <sec>
            <p>Pour expliquer ces changements, Adolphe Brongniart considère aussi le créationnisme comme plus satisfaisant que le transformisme : « Au milieu de l’obscurité qui environne de semblables mystères et que notre esprit cherche en vain à percer, reconnaissons qu’il est moins difficile pour notre intelligence de concevoir que la puissance divine, qui a créé sur la Terre les premiers êtres vivants, ne s’est pas reposée et qu’elle a continué à exercer le même pouvoir créateur aux autres époques géologiques, en imprimant à l’ensemble de ces créations successives ces caractères de grandeur et d’unité que le naturaliste encore plus que les autres hommes est appelé à admirer dans toutes ses œuvres » <xref rid="BIB16" ref-type="bibr">〚16〛</xref>.</p>
         </sec>
         <sec>
            <p>Cependant, la lecture de l’ensemble des publications écrites amène à remettre en cause la prétendue domination des idées cuviériennes. Élie de Beaumont (1798–1874), en particulier, qui est considéré comme le plus fidèle disciple de Cuvier, semble s’écarter des idées de son maître. Dans une intervention à la Société géologique, il déclare : « Si la série des terrains fossilifères était complètement connue, on n’y trouverait nulle part, entre les fossiles de deux étages immédiatement superposés, une différence plus essentielle que celle qui existe entre deux étages tertiaires consécutifs... » <xref rid="BIB4" ref-type="bibr">〚4〛</xref>.</p>
         </sec>
         <sec>
            <p>Quelques semaines plus tard, Élie de Beaumont revient encore sur le même sujet devant ses collègues de la Société. Le tableau qu’il trace des événements passés se situe « dans une voie de conciliation », intermédiaire entre le catastrophisme dogmatique et l’anti-catastrophisme de même nature. Il s’oppose à la fois à Cuvier et à Lyell. Il soutient qu’il y a eu « des phénomènes extrêmement anciens qui ont dû être différents des phénomènes qui se passent aujourd’hui sur la surface du globe » (opposition à Lyell). Mais « si, dans les intervalles des grandes commotions dynamiques qui produisent les chaînes de montagnes et qui tuent alors des myriades d’êtres organisés sans détruire complètement toutes les espèces (opposition nette à Cuvier), il (le globe) conserve encore les mêmes organes de mouvement et de changement qu’à son origine, ces organes ne conservent plus la même vivacité d’action, ne sont plus alimentés par des substances aussi énergiques... » <xref rid="BIB5" ref-type="bibr">〚5〛</xref>.</p>
         </sec>
         <sec>
            <p>Il acquiert même cette réputation de non-catastrophiste auprès de ses collègues, comme en témoigne Adolphe d’Archiac : « Nous pourrons opposer aux géologues qui admettent des changements brusques et complets à certains moments de la vie du globe l’opinion de M. Élie de Beaumont » <xref rid="BIB2" ref-type="bibr">〚2〛</xref>. Darwin en témoigne aussi : « <italic>The old notion of all the inhabitants of the earth having been swept away by catastrophes at successive periods is very generally given up, even by those geologists, as Élie de Beaumont, Murchison, Barrande, &amp;c., whose general views would naturally lead them to this conclusion</italic> » <xref rid="BIB26" ref-type="bibr">〚26</xref> (chap. X, <italic>On the Geological Succession of Organic Beings</italic>, Section <italic>On Extinction</italic>)〛.</p>
         </sec>
         <sec>
            <p>Il y a même un événement plus important qui va dans le même sens, et qui engage l’Académie des sciences dans la voie de l’attribution d’un grand prix des sciences physiques. En 1850, cette institution prestigieuse propose au public des savants de résoudre le problème qui avait été débattu entre Cuvier et Lamarck. Elle pose la question dans les termes mêmes que ces savants avaient utilisés, montrant par là que c’est bien autour d’elle que les débats se sont poursuivis pendant un demi-siècle – et se poursuivaient encore.</p>
         </sec>
         <sec>
            <p>Le prix consistait en « une médaille d’or de la valeur de trois mille francs » (de l’époque, bien entendu). Le sujet, rédigé par Élie de Beaumont, s’intitulait ainsi : « Étudier les lois de la distribution des corps organisés fossiles dans les différents terrains sédimentaires suivant leur ordre de superposition. Discuter la question de leur apparition et de leur disparition successive ou simultanée. Rechercher la nature des rapports qui existent entre l’état actuel du règne organique et ses états antérieurs ».</p>
         </sec>
         <sec>
            <p>Les commissaires en sont Flourens, de Jussieu, Milne-Edwards, Adolphe Brongniart ; Élie de Beaumont en est le rapporteur <xref rid="BIB6" ref-type="bibr">〚6〛</xref>.</p>
         </sec>
         <sec>
            <p>Le prix est attribué en 1856 à... Heinrich Georg Bronn, anti-catastrophiste, que nous avons vu sévèrement condamné par Alcide d’Orbigny pour ses « anachronismes multipliés à l’infini, et une marche constamment rétrograde ! »</p>
         </sec>
         <sec>
            <p>Un autre grand événement de l’époque est la fondation de la Société géologique de France, en 1830. Les principaux instigateurs de cette fondation furent Ami Boué (1794–1881) et Constant Prévost (1787–1856), anti-catastrophistes notoires. Cette société, dont les historiens des sciences semblent ne pas avoir consulté suffisamment les documents, connut un développement rapide : en 1836, elle comptait déjà trois cent deux sociétaires, dont quatre-vingt-dix-sept membres étrangers, ce qui est un signe non équivoque de son rayonnement. Elle se voulait, nous dit son premier historien, Albert de Lapparent (1839–1908), « une compagnie libre, dégagée de tout esprit de coterie, indépendante de toute doctrine d’école » <xref rid="BIB46" ref-type="bibr">〚46〛</xref>.</p>
         </sec>
         <sec>
            <p>Sur les sujets qui y étaient traités, et qui nous occupent plus particulièrement, un des membres de la Société nous renseigne, pour la période qui nous intéresse : « Les règnes végétal et animal, par le nombre, la variété et la succession des espèces qu’ils présentent dans les diverses couches du globe, ont donné lieu aux trois hypothèses suivantes, entre lesquelles on semble forcé de choisir, et qui partagent en effet tous ceux qui ont quelque intérêt à ce genre de questions : (1°) ou il n’y a eu qu’une seule époque de création et persistance des espèces primitivement créées dans leurs formes premières ; (2°) ou une seule époque de création avec transmutation graduelle des espèces les unes dans les autres ; (3°) ou enfin des créations successives à différentes époques » <xref rid="BIB1" ref-type="bibr">〚1〛</xref>. Comme nous le dit encore l’auteur de l’article du cinquantenaire que nous avons cité plus haut, les discussions au cours des séances de la Société étaient animées, mais toujours très courtoises. Un certain nombre, dont Alcide d’Orbigny, défendaient évidemment la troisième hypothèse ; d’autres, comme de Blainville, soutenaient la première. D’autres enfin, et non des moindres, étaient partisans de l’anti-catastrophisme, et même des idées transformistes.</p>
         </sec>
         <sec>
            <p>Comme ceux-ci ont été particulièrement ignorés, il est bon de rappeler les écrits publics de quelques-uns, pour donner une vision plus équilibrée, et plus vraie, des opinions des naturalistes des années 1830 à 1860. L’instrument épistémologique fondamental que Lamarck avait mis entre les mains des paléontologistes invertébristes – celui des espèces analogues – fut, dans un premier temps, utilisé par les paléontologistes invertébristes pour combattre le catastrophisme de Cuvier. Mais, par une pente naturelle, il servit aussi à mettre en doute ensuite son fixisme. Ainsi la voie fut-elle ouverte au transformisme. Ici encore, les esprits vont évoluer rapidement.</p>
         </sec>
         <sec>
            <p>Déjà, dès avant sa mort (1829) – et avant celle de Cuvier (1832) – plusieurs invertébristes s’étaient engagés dans la voie qu’il avait ouverte. L’œuvre principale de Defrance (1758–1850), le <italic>Tableau des Corps organisés fossiles</italic>, de 1824, s’articule aussi essentiellement sur les espèces analogues. C’est véritablement autour et à partir de ce concept qu’il a rassemblé son immense collection de fossiles. L’examen des nombreux fossiles qu’il a récoltés lui fait voir que beaucoup d’espèces anciennes ont encore effectivement aujourd’hui leurs analogues vivantes. Il en existe même dans les couches anciennes ; mais c’est surtout dans les couches les plus récentes que des analogies et même des identités peuvent être remarquées entre les espèces. Dans le tableau qu’il en dresse à la fin de son ouvrage <xref rid="BIB27" ref-type="bibr">〚27〛</xref>, Defrance en relève plus de 340 espèces fossiles « analogues », sur un ensemble d’environ 3600, ce qui fait une proportion de un sur dix.</p>
         </sec>
         <sec>
            <p>Girod de Chantrans affirme aussi que « les faits s’accumulent donc de toutes parts pour nous apprendre que les mêmes espèces, au lieu de se maintenir dans un état d’uniformité, sont sujettes à des changemens plus ou moins considérables, selon les lieux où elles vivent » <xref rid="BIB37" ref-type="bibr">〚37〛</xref>.</p>
         </sec>
         <sec>
            <p>André de Férussac (1786–1836), avec qui Alcide d’Orbigny avait collaboré, abonde dans le sens anti-catastrophiste de Lamarck. S’il s’est spécialisé dans l’étude des Invertébrés, et spécialement dans celle des Mollusques, c’est qu’il est convaincu que c’est par eux que passe l’établissement de la véritable histoire de la Terre et de la vie : ils présentent, en effet, l’avantage d’offrir « une série non interrompue de termes comparatifs, depuis la naissance de la vie jusqu’à nous ». Et, assure-t-il, « par la nature de leur organisation, ils peuvent mieux que ceux des autres classes nous éclairer sur les lois qui ont présidé à l’établissement de la vie sur le globe ». Il considère aussi que « tous les nœuds de cette vaste chaîne des monumens irrécusables qui remontent aux premiers âges de la terre, peuvent se comparer, s’étudier dans leurs rapports réciproques de formes, de localités et de dépendance, soit des phénomènes qui les ont ensevelis, soit des circonstances d’organisation et d’habitudes, des Animaux auxquels ils appartenaient » <xref rid="BIB30" ref-type="bibr">〚30〛</xref>.</p>
         </sec>
         <sec>
            <p>André de Férussac avait, dit-il, soutenu « dès avant 1820 〚...〛 qu’en un mot, on pouvait expliquer tous les phénomènes géologiques par la succession d’effets naturels dépendant de l’état ancien de la Terre, et sans avoir besoin de recourir à des perturbations dans l’ordre général établi » <xref rid="BIB31" ref-type="bibr">〚31〛</xref>.</p>
         </sec>
         <sec>
            <p>Constant Prévost affirmait en effet qu’il fallait « s’abstenir de toute explication » qui recourt à « des causes qui ne sauraient exister que par des infractions aux lois générales qui régissent l’Univers » <xref rid="BIB64" ref-type="bibr">〚64〛</xref>.</p>
         </sec>
         <sec>
            <p>De Basterot (1800–1887) s’est aussi beaucoup intéressé aux rapports des espèces fossiles et actuelles des Mollusques. Il illustre ses observations par un tableau où il compare une espèce vivant actuellement dans la Méditerranée (le <italic>Pleurotoma oblonga</italic>), avec des espèces fossiles trouvées en Italie, en France et en Angleterre. Étudiant le genre <italic>Pleurotoma</italic>, par exemple, il suggère que « toutes les prétendues espèces vivantes ne sont peut-être que des modifications d’une seule espèce réelle produites par les circonstances où les Animaux de ces coquilles se sont trouvés placés » <xref rid="BIB3" ref-type="bibr">〚3〛</xref>. Lamarck n’avait pas dit autre chose.</p>
         </sec>
         <sec>
            <p>Bory de Saint Vincent (1778–1846), en 1826, donc avant la mort du grand naturaliste (1829), dit son admiration pour « le grand Lamarck », et rappelle qu’il est « l’illustre auteur de l’<italic>Histoire des Animaux sans vertèbres</italic> » <xref rid="BIB11" ref-type="bibr">〚11〛</xref>.</p>
         </sec>
         <sec>
            <p>Il n’est pas nécessaire de rappeler qu’Étienne Geoffroy Saint-Hilaire était un grand admirateur de Lamarck : « Le monde savant, proclamait-il sur sa tombe, a prononcé son jugement en lui décernant le nom de « Linné français », rapprochant ainsi deux hommes qui tous deux ont mérité une triple couronne par leurs travaux sur l’histoire naturelle générale, la zoologie et la botanique » <xref rid="BIB34" ref-type="bibr">〚34〛</xref>. Il professait aussi que « les animaux perdus sont, par voie ininterrompue de générations et de modifications successives, les ancêtres des animaux du monde actuel » <xref rid="BIB33" ref-type="bibr">〚33〛</xref>.</p>
         </sec>
         <sec>
            <p>Marcel de Serres (1780–1862) se trouvait lui aussi en accord avec Lamarck, en désaccord par conséquent avec Cuvier. Il affirmait de son côté en 1829 que « le globe terrestre n’a point subi de grandes et de nombreuses révolutions » <xref rid="BIB65" ref-type="bibr">〚65〛</xref>.</p>
         </sec>
         <sec>
            <p>Auteur en 1831 d’un ouvrage consacré à la nouvelle géologie, <italic>Éléments de Géologie</italic>, qui devait connaître sept rééditions jusqu’en 1868, d’Omalius d’Halloy (1783–1875) – ancien élève de Cuvier et de Lamarck – affirme ses convictions évolutionnistes : « Je considère les êtres vivants d’aujourd’hui comme provenant, par la voie de reproduction, de ceux des temps anciens » <xref rid="BIB47" ref-type="bibr">〚47〛</xref>. Les développements qu’ont pris les connaissances paléontologiques lui font rejeter « l’idée de créations nouvelles » comme « une hypothèse purement gratuite » <xref rid="BIB47" ref-type="bibr">〚47〛</xref> and <xref rid="BIB48" ref-type="bibr">〚48〛</xref>.</p>
         </sec>
         <sec>
            <p>La même année 1831, Ami Boué (1794–1881), un des fondateurs de la Société géologique de France, et qui était, selon de Blainville, le « géologue de notre temps qui a le plus vu et le plus comparé dans l’étude de la géologie positive de l’Europe » <xref rid="BIB9" ref-type="bibr">〚9〛</xref>, refusait aussi le catastrophisme de Cuvier : « Malgré les talens zoologiques de M. Cuvier, écrit-il en 1831, la pluralité des géologues sont d’accord pour regarder le déluge mosaïque, pris à la lettre, comme un des événemens géologiques les moins prouvés » <xref rid="BIB13" ref-type="bibr">〚13〛</xref>. Il se déclare radicalement opposé à « l’idée émise par MM. Cuvier et Buckland sur le déluge universel dont l’universalité est démontrée fausse par les faits les plus patens », et aussi « à d’autres opinions de M. Cuvier, savoir 〚...〛 son hypothèse qui admet, contradictoirement à l’ordre naturel et aux faits, des cataclysmes universels à plusieurs époques antérieures à son déluge de Noë » <xref rid="BIB12" ref-type="bibr">〚12〛</xref>. L’année suivante, en rendant compte de l’état mondial des études géologiques dans les années 1831–1832, il assure que les « révolutions générales » chères à Cuvier « n’ont pas eu lieu » <xref rid="BIB14" ref-type="bibr">〚14〛</xref>.</p>
         </sec>
         <sec>
            <p>En 1832, Jules Desnoyers, un des fondateurs aussi de la Société, affirme que l’une des « idées philosophiques prédominantes » qui « paraissent tendre à obtenir l’assentiment général des géologues » est celle de « la continuation jusqu’à notre période inclusivement des phénomènes de la plupart des périodes antérieures de tranquillité » <xref rid="BIB29" ref-type="bibr">〚29〛</xref>.</p>
         </sec>
         <sec>
            <p>Quant à ce qui concerne l’influence posthume de Lamarck parmi les membres de la Société, les textes de quelques sociétaires sont aussi très éloquents. L’étude qui, à cette époque, attire le plus les invertébristes, et les naturalistes en général, est celle des mollusques, la plus favorable aux études paléontologiques, pour des raisons faciles à comprendre de bonne conservation de leurs tests. Le progrès est tellement rapide que l’on voit paraître des monographies de tous les côtés, et qu’il devient nécessaire, au jugement de Deshayes et d’Henri-Milne Edwards (1800–1885), de redonner, quelques années seulement après la mort de Lamarck, une réédition notablement augmentée de son <italic>Histoire naturelle des Animaux sans vertèbres</italic> (11 volumes, 1835–1845). Gérard-Paul Deshayes rappelle combien le souvenir de Lamarck était resté vivant parmi les naturalistes : « Lorsqu’en 1835, j’entrepris la nouvelle édition des animaux sans vertèbres de Lamarck, les Zoologistes en France étaient partagés en deux camps ; les uns avaient adopté la méthode et la nomenclature de Cuvier ; les autres, et plus particulièrement les Conchyliologistes, avaient adopté sans restriction la méthode de Lamarck. Cette méthode, comme celle de Linné, inspirait une sorte de vénération, et peu de personnes osaient y apporter des modifications » <xref rid="BIB28" ref-type="bibr">〚28〛</xref>. Cette édition allait connaître d’ailleurs un grand succès. Selon la revue <italic>Archiv für Naturgeschichte</italic>, « <italic>Die neue Ausgabe ist unentbehrlich</italic> » <xref rid="BIB66" ref-type="bibr">〚66〛</xref>.</p>
         </sec>
         <sec>
            <p>De Boblaye (1792–1843), fait remarquer aussi en 1834 que « aujourd’hui que l’étude des animaux fossiles a beaucoup étendu les limites des variations attribuées aux espèces, et fait découvrir chaque jour dans la chaîne des êtres des transitions qu’on ne soupçonnait pas, l’hypothèse hardie de Lamarck, modifiée par Geoffroy Saint-Hilaire, acquiert une probabilité qu’elle n’avait pas à l’époque où Cuvier la combattait » ; l’hypothèse selon laquelle « l’espèce a pu et a dû varier indéfiniment avec les changemens survenus 〚...〛 dans l’état physique du globe » est un « point de vue fécond », de nature à jeter « enfin quelques lumières sur la grande question soulevée par la découverte des animaux fossiles » <xref rid="BIB10" ref-type="bibr">〚10〛</xref>.</p>
         </sec>
         <sec>
            <p>Ami Boué, de son côté, assurait ne pas croire davantage à l’idée « ancienne » de la fixité des espèces qu’il ne croyait aux catastrophes <xref rid="BIB15" ref-type="bibr">〚15〛</xref>. Dans cette question, il préférait lui aussi suivre « les Lamarck, les Geoffroy et autres grands naturalistes », et s’opposer avec eux à ceux qui voulaient « circonscrire l’espèce dans un cercle duquel on dirait que nous voulons obliger la nature à ne pas sortir » <xref rid="BIB15" ref-type="bibr">〚15〛</xref>. Par conséquent, « si des modifications du milieu ambiant, et des conditions d’action du fluide vital peuvent changer assez les parties des êtres pour établir des variétés dans nos espèces, personne ne peut assurer que ces mêmes causes n’ont pas la puissance de diviser une espèce en plusieurs », d’autant plus facilement que la nature « a des millions de siècles à sa disposition » <xref rid="BIB15" ref-type="bibr">〚15〛</xref>.</p>
         </sec>
         <sec>
            <p>Jean-Charles Chenu (1808–1879) a été l’un des invertébristes les plus consultés de la seconde moitié du XIX<sup>e</sup> siècle, grâce à sa publication des coquilles vivantes et fossiles alors connues. Il considère que les formes de passages existant entre les Conchifères dimyaires aux Conchifères monomyaires fournissent, entre autres exemples, « une preuve de cette vérité si bien exprimée par Lamarck que nulle part la nature ne passe brusquement d’un ordre à un autre sans laisser quelques traces de celui qu’elle termine au commencement de celui qu’elle établit » <xref rid="BIB17" ref-type="bibr">〚17〛</xref>.</p>
         </sec>
         <sec>
            <p>Édouard Piette (1827–1906), qui fut un des continuateurs de la <italic>Paléontologie française</italic> d’Alcide d’Orbigny, considérait que, « dans deux étages superposés, restes de deux époques qui se sont succédé, les espèces les plus voisines se relient en quelque sorte par des variétés dans les assises qui se touchent ». C’est dans ce fait qu’il fonde son transformisme, en invoquant expressément l’exemple du fondateur de la doctrine : « c’est sans doute cette observation qui a conduit Lamarck à sa théorie de la transformation des espèces ».</p>
         </sec>
         <sec>
            <p>Et si « cette théorie n’est pas encore prouvée 〚...〛 il faut cependant se garder de (la) rejeter, car elle porte la marque du génie et elle s’accorde parfaitement avec les procédés de la nature qui ne fait rien de rien, et qui a pu transformer une espèce en une autre comme elle transforme l’embryon en le faisant passer par divers états avant d’en faire un être parfait » <xref rid="BIB62" ref-type="bibr">〚62〛</xref>.</p>
         </sec>
         <sec>
            <p>Dans son étude des cérithes, il fait remarquer encore que, « si l’on suit leurs transformations à travers les âges, on s’aperçoit qu’ils appartiennent à un type unique qui s’est modifié successivement, et dont chaque forme correspond ordinairement à une époque particulière » <xref rid="BIB63" ref-type="bibr">〚63〛</xref>.</p>
         </sec>
         <sec>
            <p>Édouard Piette et Albert Gaudry – même lui ! – et les naturalistes de leur génération avaient d’ailleurs pour maître le fils d’Étienne Geoffroy Saint-Hilaire. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire (1805–1861), qui était de la génération d’Alcide d’Orbigny (1802–1857), enseignait en effet à ses étudiants de la Sorbonne et du Muséum qu’ils pouvaient faire le choix de la théorie transformiste : « Hypothèse d’un côté ; mais aussi hypothèse de l’autre : vous n’avez le choix qu’entre des hypothèses, et la seule différence réside dans la simplicité de l’une, dans la complication de l’autre » <xref rid="BIB35" ref-type="bibr">〚35〛</xref>. Il leur indiquait la voie scientifique à suivre, qui était de comparer les êtres actuels aux espèces fossiles : « Selon l’hypothèse de la filiation 〚défendue par lui〛, les animaux actuels seraient issus des animaux analogues qui ont vécu dans l’époque géologique antérieure » <xref rid="BIB36" ref-type="bibr">〚36〛</xref>. Et c’est bien ce qu’ils faisaient déjà, comme nous l’avons vu, et comme Albert Gaudry allait le faire si magistralement !</p>
         </sec>
         <sec>
            <p>La constatation historique de Camille Dareste (1822–1899), écrivant au début de l’année 1859, s’inscrit dans cet exposé documentaire des idées de son temps : « Les idées de Lamarck ont pénétré peu à peu dans la science, et aujourd’hui on commence à comprendre que la question mérite au moins d’être réfutée autrement que par des plaisanteries ou des anathèmes 〚...〛. Nous voyons d’ailleurs aujourd’hui les hommes les plus éminents entrer dans la voie ouverte par Lamarck, et faire de l’idée de la variabilité limitée des espèces le point de départ de leurs théories scientifiques » <xref rid="BIB25" ref-type="bibr">〚25〛</xref>.</p>
         </sec>
         <sec>
            <p>La position théorique d’Alcide d’Orbigny, situé entre Cuvier et Lamarck et leurs successeurs, n’était donc pas aussi confortable qu’on a pu le croire, d’autant plus que Albert Gaudry (1827–1908), son plus proche collaborateur et son propre beau-frère, se déclarera transformiste, et, comme par une ironie du sort ou une revanche de l’histoire, utilisera les Vertébrés en faveur de la théorie de l’Évolution.</p>
         </sec>
         <sec>
            <p>Il n’y a pas lieu d’essayer de dédouaner le grand naturaliste que fut Alcide d’Orbigny d’avoir été fixiste, catastrophiste et anti-transformiste à l’image de son maître Cuvier, auquel il a rendu hommage. Et pourquoi le ferait-on, quand ses propres expressions sont sans ambiguïté ! L’immensité et la fécondité de son œuvre proprement scientifique n’en restent pas moins impressionnantes (collection de quelque 100 000 pièces ; étude de « l’énorme chiffre de 24 000 espèces, contenues dans 1 800 genres différents »). Depuis sa mort, son importance a été reconnue et célébrée, et ce colloque en rend témoignage.</p>
         </sec>
         <sec>
            <p>Pour finir, l’historien des sciences se plaît à revenir à Cuvier, auquel peut revenir le mot de la fin, qui convient à son disciple... et à bien d’autres dans l’histoire des sciences : « Les systèmes ont 〚...〛 le mérite d’exciter à la recherche des faits, et nous devons, à cet égard, de la reconnaissance à leurs auteurs » <xref rid="BIB23" ref-type="bibr">〚23〛</xref>.</p>
         </sec>
      </sec>
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            <sec>
               <title>Abridged version</title>
               <sec>
                  <p>Arriving in Paris in 1824, Alcide d’Orbigny had already chosen: he preferred Cuvier’s ideas to those of Lamarck. On the one hand, there were the catastrophist ideas <xref rid="BIB22" ref-type="bibr">〚22〛</xref>: the similarity of his language with that of Cuvier is striking <xref rid="BIB50" ref-type="bibr">〚50〛</xref>, <xref rid="BIB51" ref-type="bibr">〚51〛</xref>, <xref rid="BIB55" ref-type="bibr">〚55〛</xref>, <xref rid="BIB57" ref-type="bibr">〚57〛</xref> and <xref rid="BIB60" ref-type="bibr">〚60〛</xref>; on the other hand, his anti-transformist ideas: Alcide d’Orbigny was as frank and clear as Cuvier about this <xref rid="BIB61" ref-type="bibr">〚61〛</xref>.</p>
               </sec>
               <sec>
                  <p>Cuvier was considered as the master of Natural Sciences in France during a large part of the 19th century, and Alcide d’Orbigny saw himself as one of Cuvier’s most faithful disciples; thus there is, for a Science Historian, the problem of his isolation. The lack of success of his repeated candidacy for the French Academy of Sciences has been – rightly – considered as a scandal. However, other factors intervened.</p>
               </sec>
               <sec>
                  <p>Contemporary documents show that there were important events during the eight-year absence of Alcide d’Orbigny; firstly, ideas changed, and then there was the founding of the French Geological Society in 1830.</p>
               </sec>
               <sec>
                  <p>There is absolutely no doubt that Cuvier always had catastrophist followers: Adolphe Brongniart <xref rid="BIB8" ref-type="bibr">〚8〛</xref>, for example.</p>
               </sec>
               <sec>
                  <p>However, reading all the written publications leads us to doubt the domination pretended for Cuvier’s ideas. Élie de Beaumont, in particular, who is considered as the most faithful disciple of Cuvier, disagreed on some ideas of his Master <xref rid="BIB4" ref-type="bibr">〚4〛</xref>. He even acquired a reputation amongst his colleagues as a non-catastrophist, as testified by Adolphe d’Archiac <xref rid="BIB2" ref-type="bibr">〚2〛</xref>. Darwin also wrote: “The old notion of all the inhabitants of the Earth having been swept away by catastrophes at successive periods is very generally given up, even by those geologists, as Élie de Beaumont, Murchison, Barrande, etc., whose general views would naturally lead them to this conclusion” 〚26 (chap. X, <italic>On the Geological Succession of Organic Beings</italic>, Section “On Extinction”).</p>
               </sec>
               <sec>
                  <p>Another major event of this time was the founding of the French Geological Society in 1830. The principal instigators of this were Ami Boué and Constant Prévost, well-known anti-catastrophists. Ami Boué, in particular, refused the catastrophism of Cuvier <xref rid="BIB12" ref-type="bibr">〚12〛</xref>, <xref rid="BIB13" ref-type="bibr">〚13〛</xref> and <xref rid="BIB14" ref-type="bibr">〚14〛</xref>. In 1832, Jules Desnoyers, another founder of the Society, vowed that one of the “predominant philosophical ideas” that “appeared ready to get the general agreement of geologists” was that of the “continuation of phenomena of most periods of calmness anterior to until our own era” <xref rid="BIB29" ref-type="bibr">〚29〛</xref>.</p>
               </sec>
               <sec>
                  <p>On the subject of the transformation of species, a member of the Society has left us the on-going discussions, opposing those who believed in the “three following hypotheses, among which one is forced to choose, and which divide those who are interested in this type of questions: (1) where there has been only one period of creation, and the persistence of the primitive species created in their original forms; (2) where there has been only one period of creation with a gradual transmutation of the species from one into another; (3) where there has been successive creations at different periods” <xref rid="BIB1" ref-type="bibr">〚1〛</xref>. Certains, such as Blainville, supported the first hypothesis. Several, including Alcide d’Orbigny, defended the third, that of Cuvier; finally, others were partisans of the second, which everybody knew to be that of Lamarck.</p>
               </sec>
               <sec>
                  <p>Already before his death (1829), several invertebrists had taken the road he had opened of the link between the ancient and the modern species, ‘proof’ of his transformism. Defrance’s principal work, the <italic>Tableau des corps organisés fossiles</italic>, 1824, described essentially these species called ‘analogues’ <xref rid="BIB27" ref-type="bibr">〚27〛</xref>. Girod de Chantrans <xref rid="BIB37" ref-type="bibr">〚37〛</xref>, André de Férussac <xref rid="BIB30" ref-type="bibr">〚30〛</xref>, Constant Prévost <xref rid="BIB64" ref-type="bibr">〚64〛</xref>, de Basterot <xref rid="BIB3" ref-type="bibr">〚3〛</xref>, Bory de Saint-Vincent <xref rid="BIB11" ref-type="bibr">〚11〛</xref> were expressing similar ideas. Étienne Geoffroy Saint-Hilaire, a great admirer of Lamarck <xref rid="BIB34" ref-type="bibr">〚34〛</xref> stated also that “lost animals were, by an unbroken path of generations and successive modifications, the ancestors of the animals of the present world” <xref rid="BIB33" ref-type="bibr">〚33〛</xref>.</p>
               </sec>
               <sec>
                  <p>Author in 1831 of a book devoted to the new geology, <italic>Éléments de géologie</italic>, which would have seven editions before 1868, Omalius d’Halloy – a former pupil of Cuvier and of Lamarck – confirmed his anticatastrophism (<xref rid="BIB47" ref-type="bibr">〚47〛</xref>; cf. <xref rid="BIB48" ref-type="bibr">〚48〛</xref>) and evolutionary convictions: “I consider that the living beings of today come, by means of reproduction, from those of ancient times” <xref rid="BIB47" ref-type="bibr">〚47〛</xref>. De Boblaye supported that “Lamarck’s bold hypothesis, modified by Geoffroy Saint-Hilaire, would acquire a probability that it did not have at the time when Cuvier was challenging it” <xref rid="BIB10" ref-type="bibr">〚10〛</xref>. Jean-Charles Chenu wrote the same <xref rid="BIB17" ref-type="bibr">〚17〛</xref>, as did Édouard Piette <xref rid="BIB62" ref-type="bibr">〚62〛</xref> and <xref rid="BIB63" ref-type="bibr">〚63〛</xref>.</p>
               </sec>
               <sec>
                  <p>Isidore Geoffroy Saint-Hilaire (1805–1861), who was of the same generation as d’Alcide d’Orbigny (1802–1857), taught his students, at the Sorbonne and at the Museum, that they could choose the transformist theory <xref rid="BIB35" ref-type="bibr">〚35〛</xref>. He showed them the scientific path to follow, which was to compare actual beings to fossil species: “according to the filiation hypothesis” (defended by him), “present animals come from similar animals who had lived in an earlier geological era” <xref rid="BIB36" ref-type="bibr">〚36〛</xref>.</p>
               </sec>
               <sec>
                  <p>The historic statement of Camille Dareste, writing at the beginning of 1859, is a confirmation of these tendencies: “Lamarck’s ideas have, little by little, penetrated Science, and today we are starting to understand that the question deserves at least to be refuted other than by jokes or by abhorrence... We see elsewhere today the most eminent of men following the path opened by Lamarck, and making the idea of the limited variability of species the starting point of their scientific theories” (25, 62).</p>
               </sec>
               <sec>
                  <p>The theoretical position of Alcide d’Orbigny, lying between Cuvier and Lamarck and their followers, was thus uncomfortable. The immensity and fecundity of his scientific works remains no less impressive (a collection of more than 100 000 items; a study of “the enormous number, 24 000 species, contained in 1800 different genus”). Since his death, his importance has been recognised and celebrated, as this Colloquium demonstrates.</p>
               </sec>
            </sec>
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         <ref id="BIB1">
            <label>〚1〛</label>
            <element-citation publication-type="article">
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                  <surname>Angelot</surname>
               </name>
               <article-title>Intervention à la Société</article-title>
               <source>Bull. Soc. géol. France</source>
               <volume>12</volume>
               <year>1840–1841</year>
               <page-range>110–111</page-range>
            </element-citation>
         </ref>
         <ref id="BIB2">
            <label>〚2〛</label>
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                  <surname>d'Archiac</surname>
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               <source>Histoire des Progrès de la Géologie, 3</source>
               <year>1850, 624 p</year>
            </element-citation>
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         <ref id="BIB3">
            <label>〚3〛</label>
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                  <surname>de Basterot</surname>
                  <given-names>B.</given-names>
               </name>
               <article-title>Description géologique du bassin tertiaire du Sud-Ouest de la France</article-title>
               <source>Mém. Soc. Hist. nat. Paris</source>
               <volume>2</volume>
               <year>1825</year>
               <page-range>1–100</page-range>
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         <ref id="BIB4">
            <label>〚4〛</label>
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                  <surname>Élie de Beaumont</surname>
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               </name>
               <article-title>Compte rendu d'un débat au sein de la Société</article-title>
               <source>Bull. Soc. géol. France</source>
               <volume>2</volume>
               <issue>4</issue>
               <year>1846–1847</year>
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